
Celui qui est acclamé comme Roi d’Israël par les foules en liesse lors de son entrée triomphale à Jérusalem, selon la prophétie de Michée, est aussi celui que la même liturgie des Rameaux et de la Passion, nous fait contempler comme le Serviteur souffrant. Le prophète Isaïe avait d’ailleurs annoncé sa venue. Ainsi, dès l’ouverture de la grande semaine sainte, tout est dit de son identité. Tout ? Non ! Car chaque étape de la semaine sainte conduit, pas à pas, ceux qui la célèbrent à la rencontre, non seulement du roi d’Israël, de l’humble prophète bafoué qui souffre sans mot dire, ni maudire, mais également du Sauveur du monde, dont la vie est entièrement consacrée à cette mission. « Pour eux, je me consacre moi-même » (Jn 17,19).
C’est au jardin des oliviers, le soir de la dernière cène, que nous comprenons au mieux ce que signifie cette consécration. Jésus offre sa vie pleinement. « Ma vie nul ne la prends mais c’est moi qui la donne », chantons-nous pour évoquer et habiter en vérité cet acte de Jésus qui éclaire tous les autres : enseignement et guérison, amitié ou simple rencontre. En toutes choses, il se donne pleinement, pour accomplir le dessein d’amour du Père.
Enseignement et guérison, amitié ou simple rencontre : en toutes choses, Jésus se donne pleinement
« Par Lui, avec Lui et en Lui », redit chaque conclusion de prière eucharistique : nous sommes ainsi aussi consacrés à cette mission. Elle fait de nous les témoins de son Évangile de salut. Notre baptême et notre confirmation, notre mariage, nos vœux religieux ou notre ordination… En ces jours qui nous conduisent directement à Pâques, diverses occasions nous sont données d’entrer plus avant dans cette consécration de notre propre vie.
Lors de la messe chrismale (cf. Prière d’ouverture en annexe), la liturgie nous fait contempler ce mystère d’onction spirituelle qui transparaît dans les paroles et les actes de Jésus, et dont le sacerdoce baptismal, comme le sacerdoce ministériel, nous redisent l’amplitude universelle. Lors de l’institution de la Cène du Seigneur, le geste du lavement des pieds dit à l’envi ce que le pain rompu offre également en chaque eucharistie. La commémoration de la Passion indique le définitif de cette donation de soi. L’irréversible qui est dit ici, du Christ comme de chaque baptisé, indique précisément l’irruption du Salut qu’il apporte. Aimer, n’est-ce pas se donner sans retour ? Les liturgies de la Résurrection, de la Vigile pascale au dimanche de Pentecôte, déploient chacune le plein engagement de Dieu le Père, par son Esprit attestant de l’agir victorieux de Jésus le Fils Bien-aimé, et de notre mission en son Nom qui est Saint.
Oraison d’ouverture de la messe chrismale
"Dieu tout-puissant, toi qui as consacré ton Fils unique par l’Esprit-Saint et qui l’as établi Christ et Seigneur, nous te prions : puisque tu nous as consacrés en lui, fais que nous soyons pour le monde les témoins d’un évangile de salut…"
" L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacre par l’onction. Il m’a envoyé porter la bonne nouvelle aux pauvres... " Isaïe 61,1.
Voir aussi : Ps 88 ; Ap 1,5 ; Luc 4,16




