La sécularisation de nos sociétés est un fait qui nous interpelle souvent dans notre responsabilité catéchétique. La dynamique même de la « nouvelle évangélisation » nous invite à porter un regard nouveau sur ce phénomène. Au moment où nous nous préparons à fêter Noël, sachons déployer des trésors d'inventivité pour communiquer notre joie de savoir Dieu toujours plus proche de notre humanité.
Au début du XXe siècle, le sociologue Emile Durkeim constatait que la religion embrassait une portion de plus en plus petite de la vie sociale, et affirmait que l'existence de Dieu perdait son évidence. Il nous est difficile aujourd'hui d'approcher la situation spirituelle de nos sociétés en reprenant son analyse de la sécularisation.
Comment parler alors de l'aventure spirituelle de nos contemporains ? Aventure d'autant plus difficile à mesurer qu'elle porte sur des dispositions intérieures et ne peut se traduire en statistiques ou en chiffres précis ! Nous pouvons prendre appui sur le dernier ouvrage du sociologue canadien Charles Taylor, L'âge séculier (Seuil, 2011), dans lequel il rend justice à ce que chacun vit en matière de foi ou d'incroyance. Le drame, constate-t-il, se produit lorsqu'il y a changement d'image de soi ou de l'horizon moral sur lequel fonder sa vie. Toute conviction appelle désormais un enracinement de plus en plus solide dans le passage d'une foi reçue comme héritage à une foi qui nécessite un choix.
Faut-il se lamenter ? Non, car un milieu apparemment sécularisé ne tue pas nécessairement la foi religieuse. Il en modifie les formes et les possibilités et demande - plus que jamais - de trouver un langage qui rende compte de notre espérance et incorpore l'ancienne sagesse de foi. Comme le disait Jean Paul II, en mai 1993, un vrai désir de dépasser une religiosité rationaliste et froide se fait de plus en plus entendre aujourd'hui. Sachons donc faire preuve, au cours de cet Avent, de créativité et de sagesse pour témoigner de l'Espérance chrétienne qui nous habite.




