Le saut de la foi

Face à la peur il faut parfois savoir plonger, oser se lancer dans l’inconnu…

Comme souvent quand je m’attaque à une question je vais voir mon ami Google et là qu’elle ne fut pas ma surprise … le saut de la foi apparaît tout de suite … mais dans les sept premières entrées il concerne un jeu vidéo « Assassin’s Creed » ! C’est la plongée dans le vide du héros, un saut mythique effectué du haut d’un promontoire élevé. C’est en quelque sorte l’acte de foi du personnage qui par là-même veut montrer qu’il ne craint pas la mort. Je ne peux m’empêcher d’y voir un parallèle étonnant : sauter dans la foi voudrait dire que l’on ne craint pas la mort. Mais n’est-ce pas là le message du Christ quand il invite Pierre à marcher sur l’eau (symbole de la mort) pour le rejoindre ?

Rassurez-vous je lis aussi les philosophes ! Est-ce que ce saut serait le saut de l’absolu, un plongeon en Dieu, sans sécurité comme le pensait Kierkegaard ? Est-ce un pari sans assurance de croire que Dieu existe, comme le pensait Blaise Pascal ?

Je pense que la foi suppose effectivement un saut qui fait entrer en relation avec Dieu. Nous sommes invités à passer de nos certitudes visibles, concrètes, historiques, prouvées, à un acte de confiance en quelqu’un que nous ne voyons pas. Mais ce n’est pas un saut vers l’inconnu. Benoit XVI parle de la résurrection en ces termes : « c’est un saut qualitatif radical par lequel s’ouvre une nouvelle dimension de la vie » (Jésus de Nazareth T2). La foi est une décision prise, un « oui » confiant en la révélation de Dieu, à la Parole qui nous est donnée ; en cela c’est un saut mais non vers l’inconnu.

Le temps du catéchuménat est là pour préparer à ce saut, du moins pour affermir le sol à partir duquel le bond va avoir lieu. Et même si le saut est déjà fait, la peur peut surgir tout au long de ce parcours comme tout au long de notre vie sous la forme du doute. Le doute n’est pas à rejeter s’il n’est pas de nature systématique. Il est naturel et dans l’ordre des choses. Il peut permettre de se poser les bonnes questions, de faire avancer, grandir, de passer d’une foi reçue à une foi vécue et donc de n’être pas qu’un simple savoir.

Nous devons donc être à l’écoute des peurs, des questionnements, des reculs, des appréhensions des jeunes catéchumènes pour les accompagner. La foi est une conversion de tous les jours. Il est important d’être de ceux qui préparent le terrain où ils vont prendre appui, pour qu’ils puissent y trouver l’élan nécessaire pour plonger dans une vie de foi où le Christ nous dit « Je suis le Chemin, la Vérité, la Vie » (Jn 14,6).

Joëlle Eluard SNCC

A l’épreuve du doute :

-          Ne pas hésiter à laisser les jeunes exprimer leurs doutes sans les juger, ils ne doivent pas leur faire peur. C’est un processus normal dans une vie de croyant et encore plus à l’âge de l’adolescence qui est un âge de passage et de questionnement. Le pape François nous rappelle que l’une des œuvres de miséricorde et de « conseiller ceux qui doutent ». Il rajoute que cette miséricorde consiste à « apaiser cette douleur et cette souffrance qui proviennent de la peur et de l’angoisse qui sont les conséquences du doute. Il s’agit par donc d’un acte de vrai amour par lequel on entend soutenir une personne affaiblie par l’incertitude. » Pour le Pape, les doutes qui touchent la foi « sont le signe que nous voulons connaître plus en profondeur, Dieu, Jésus et le mystère de son véritable amour pour nous. » (Audience générale du 23.11.16)

-          Prendre le temps de découvrir les doutes des grandes figures du Nouveau Testament (Pierre, Marthe la sœur de Lazare, Thomas …) ou de grands saints (Ste Thérèse de Lisieux, St Jean de la Croix, Mère Teresa…) et la manière dont cela les a rapprochés de Dieu.

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